Le Réfectoire, projet exotique

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jeudi 29 janvier 2009

Résumé des premiers épisodes ...

Plusieurs éléments nous ont amené au cour de l’été 2008 à lancer une réflexion autour d’un nouveau lieu culturel. La fermeture de la « Verrerie », espace de création artistique réunissant une dizaine d’associations désormais à la rue, la volonté du café culturel « Les Copains d’Abord » d’envisager une nouvelle implantation plus propice à la diffusion de spectacles, et enfin la difficulté de nombreux acteurs, associations ou artistes, à trouver un lieu d’expression économiquement abordable et adapté à la création et à la diffusion. La découverte du réfectoire de l’usine DMC, magnifique bâtiment désaffecté du patrimoine mulhousien du XIXe siècle, a symboliquement permis d’imaginer un lieu possible pour ce projet en gestation.

Old School s’est saisie de cette idée sans vouloir en faire la sienne. La réflexion collective se veut coopérative et largement ouverte, s’inscrivant en complément novateur de l’existant, loin de toute concurrence stérile. Afin d’avancer efficacement vers un projet durable, Luc Jambois, directeur de l’OGACA Strasbourg, expert culturel reconnu, est missionné pour accompagner nos réflexions de janvier à juin 2009. Le premier objectif est donc d’aboutir à la présentation d’un projet cohérent à la fin de premier semestre 2009, à l’issue de nombreuses rencontres de partenaires potentiels dans les domaines de la culture, de l’art, du social et de la politique.

Les résultats de nos premières investigations nous permettent d’envisager une action collective à partir de la rentrée de septembre 2009. Nous réfléchissons à la mise en place d’une saison culturelle nomade, mobile, hors les murs, avec un collectif à constituer d’ici l’été. L’idée générale est de tester un fonctionnement collégial à cette occasion, de mélanger intelligemment les formes d’expression artistique, de visiter des lieux mulhousiens surprenants ou d’investir des espaces de façon inhabituelle. Ces actions artistiques, spectacles, installations, performances, débats, pourraient démarrer à l’occasion des journées du patrimoine au mois de septembre 2009. Ces promenades spectaculaires à travers Mulhouse réinventée constitueraient une préfiguration de la gestion du Réfectoire, nouveau lieu culturel qui pourrait voir le jour en 2010 ou 2011 …

Nous sommes aujourd’hui au début de nos réflexions et de nos rencontres. Du slam à la poésie, du hip hop au café littéraire, des résidences d’artistes au patrimoine revisité par l’art contemporain, du jazz au cinéma expérimental, de la création vidéo aux concerts jeune public, des ateliers éducation aux médias à l’éducation populaire ressuscitée, de la culture scientifique et technique fiancée à l’expression musicale actuelle … quels seront les projets retenus ? Rien n’est tabou, tout est possible. Nous avons six mois pour réfléchir ensemble à un nouveau lieu à nul autre pareil.

Blog interactif à l’adresse www.refectoire.com

Les usines DMC à Mulhouse (photo Sarah Moezi)

Photo Sarah Moezi

lundi 26 janvier 2009

Le Réfectoire... A table !

Lancement des commissions pour le projet du Réfectoire. Inscrivez-vous !

Voici venu le moment de réfléchir plus concrètement au Réfectoire. Pour cela, des commissions thématiques sont ouvertes aux personnes intéressées. Rappelons qu'il convient de construire pour chacune d'entre elles un mode de fonctionnement, un rétroplanning, des objectifs, en restant ouvert au fait que le lieu est un aboutissement possible, mais qu'un projet "hors les murs" est certainement la première étape à atteindre.

COMMISSION FONCTIONNEMENT (budget, juridique, salariés ...)

Mardi 27 janvier - 12h

Bureau Old School, 53, av Kennedy - Mulhouse

COMMISSION TECHNIQUE (architecture, son & lights, bâtiment, chantier, équipement)

Mercredi 28 janvier - 18h (heure à confirmer)

Espace Tival, Kingersheim

COMMISSION PROJET CULTUREL (programmation, activités, boutique, pédagogie, hors-les-murs ...)

Mercredi 4 février - 17h

Bureau Old School, 53 av Kennedy - Mulhouse (lieu à confirmer)

COMMISSION RELATIONS PUBLIQUES (www.refectoire.com, presse, associations, stratégie communication ...)

Mardi 10 février - 10h

Bureau Old School, 53 av Kennedy - Mulhouse (lieu à confirmer)

Si ce projet vous intéresse, téléphonez-nous (03 89 33 11 11), écrivez-nous (info@old-school.fr). On vous attend !

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jeudi 15 janvier 2009

Brunch au Réfectoire

Compte-rendu de la rencontre du 20 décembre 2008 - par Luc Jambois

→« Echange autour d’un projet de création d’un lieu surnaturel »

Cette rencontre s’est déroulée à l’occasion de l’inauguration des nouveaux studios radio de WNE et Old School au 53 avenue Kennedy.

Personnes présentes : Luc Jambois (OGACA), Mathieu Stahl (Noumatrouff), Thibaut Lemoine (Etat des Lieux), Xavier Hugh (Asso O), Philippe Schweyer (Mediapop.fr), Jean-Damien Collin (citoyen), Jean- Pierre Hero (Les Copains d’Abord), Jean-Luc Wertenschlag (Old School), Charly Sicard (Old School), Franck Richard (Old School), Jonathan Rauscher (Old School), Stéphanie Fischer (Old School), Julien Potier (asso O), Jean-François Bittighoffer (WNE), Alex Weisbeck (plasticienne).

Début à 11H30, fin à 14H

Introduction de Luc Jambois

Le projet Old School n’est pas encore vraiment nommé aujourd’hui, mais un des lieux envisagés, l’ancien réfectoire de l’entreprise DMC, nous amène à l’appeler provisoirement Le Réfectoire.

Point clef : Le projet Réfectoire est un projet en construction qui s’appuie sur 2 principes :

→ Il se veut complémentaire de l’existant et souhaite travailler en partenariat → Il se veut coopératif en associant tous les artistes et les associations artistiques qui le souhaitent

La discussion sur le projet Réfectoire devrait s’articuler autour de 3 types de questionnement :

1. Du point de vue des artistes et des organisations du secteur culturel et artistique (de toutes disciplines et de tout statut)

→ Quels sont les besoins non satisfaits aujourd’hui ?

2. Du point de vue des publics

→ Quelles sont les attentes non satisfaites ?

3. Du point de vue des collectivités publiques (commune, CAMSA, CG…)

→ Qu’est ce que les collectivités peuvent attendre (ou exiger) d’un tel projet ?

Stratégie à mettre en œuvre

1. Clarifier le projet, le faire connaître

2. Rassembler ceux qui s’y reconnaissent

3. Construire dès 2009 une phase de préfiguration

4. Rechercher et valider un lieu d’ancrage (Réfectoire ?)

5. Construire le projet, le présenter auprès des partenaires en juin 2009 pour un lancement d’une saison nomade de septembre 2009 à juin 2010, et l’ouverture d’un nouveau lieu à l’automne 2010 (timing idéal)

Les échanges

Question 1 : Quelle est l’origine du projet ?

Ce projet est à la conjonction de plusieurs motivations qui conduisent à la création d’un nouveau lieu sur Mulhouse :

- La fermeture de l’espace de la rue des Verriers

- Le besoin des Copains d’abord d’un lieu de programmation plus adapté

- Le besoin de nombreuses associations ou groupes artistiques d’un lieu de petite taille

Question 2 : Ce lieu ne programmera-t-il que des concerts ?

Non, l’objectif est d’être un lieu multidisciplinaire

Question 3 : Positionnement du Noumatrouff

Le Noumatrouff est actuellement dans une phase de réécriture de son projet dans le cadre du projet municipal de Cité de la Musique. Sa volonté aujourd’hui est plutôt de dynamiser le Centre de Ressources. Dans ce nouveau projet, le Noumatrouff aurait 2 salles de programmation de concerts (dans l’idéal, avec des jauges de 1200/1500 places et 300/400 places)

→ Il apparaît que le projet Réfectoire tel qu’il s’exprime aujourd’hui est parfaitement complémentaire car il projette une autre programmation et dans une jauge beaucoup plus petite. De l’avis de Mathieu Stahl en son nom personnel, le projet Réfectoire devrait s’inscrire dans une dynamique de promotion des liens entre art contemporain et musiques en particulier électroniques (car cela n’entre pas dans le cahier des charges du Noumatrouff).

Question 4 : Quelle pourrait être la programmation de ce lieu ?

De l’avis de Jean-Damien Collin, ce lieu ne devrait pas être un lieu de diffusion conventionnel avec une programmation préétablie, mais plutôt un espace d’implication et d’expérimentation.

Thibaut : Les artistes ont besoin d’un espace de résidence, d’un espace de travail.

Mathieu : Ce ne doit pas être seulement un lieu mais un espace de dynamique de projet.

Jean-Luc : Oui, c’est un lieu qui doit permettre les rencontres et où des projets pourraient se construire.

Jean-Damien : quand on se rend aux Copains, on va boire un coup d’abord puis ensuite il y a d’autres choses, alors que le projet de Réfectoire c’est d’abord y aller pour une chose et ensuite pour boire un coup

Question 5 : Faut-il vraiment un nouveau lieu à Mulhouse ?

Certains (Adrien/Jazz à Mulhouse) diront qu’un nouveau lieu n’est pas nécessaire. Il y a des espaces, des lieux sous-utilisés (Pax, AFSCO…), il faut valoriser l’existant ; en revanche, Mulhouse manque de lieux de création.

Mathieu : si le projet est porté par un collectif, la ville le prendra mieux en compte.

Xavier : nous avons rencontré Jean Rottner (1er adjoint au maire) qui souhaite créer une scène alternative ; nous venons de créer un collectif Asso O et Etat des Lieux appelé ÖDL et sommes actuellement sur un projet d’espace de workshops proche de DMC.

Thibaut : un lieu intéressant à visiter serait la friche de Weil-am- Rhein qui vient de rouvrir. Quant à nous, notre urgence au sein du collectif Etat des Lieux est de pouvoir disposer d’un lieu qui ne soit pas forcément ouvert au public tout de suite ; nous cherchons un espace de résidences pour les artistes que nous accueillons

Jean-Damien : il ne faut pas cloisonner le lieu et en faire un lieu de diffusion, plutôt un lieu d’implication ; il existe également l’hypothèse d’un projet sans lieu (exemple du centre d’art mobile de Besançon)

Jean-Luc : dans la phase de préfiguration, on pourrait monter une manifestation itinérante permettant de faire découvrir un Mulhouse que le public ne connaît pas. Pourquoi ne pas tenter de faire travailler tous les gens présents sur les Journées du Patrimoine 09 (troisième semaine de septembre) en réinvestissant des lieux symboliques à Mulhouse ?

Question 6 : quelles sont les attentes du public ?

- Il y a une offre insuffisante pour les musique actuelles jeune public

- Il n’y a pas d’offre régulière pour les amateurs de jazz

- Il y a une offre insuffisante pour les amateurs et acteurs du rap

- Il y a plein de trous dans l’offre culturelle

- L’offre est trop éclatée, trop sectorisée, il n’y pas d’émulation

Question 7 : que faire suite à cette rencontre?

- Renvoyer ce compte-rendu à toutes les personnes présentes ce 20 décembre

- Organiser et coordonner l’initiative proposée pour les Journées du Patrimoine

- Mettre en place des commissions afin d’inciter les acteurs culturels à participer au projet et le faire avancer

- Rédiger un questionnaire à destination des associations culturelles de Mulhouse

- Jean-Damien Collin évoque l’idée de réaliser des émissions radio par le biais de WNE avec pour sujet le patrimoine en invitant sur chacune d’elles un historien et un artiste et encore plein d’autres ; ceci dans le but de collectiviser sous la forme d’un média global alimenté fréquemment

vendredi 12 décembre 2008

Bienvenue au Réfectoire !


Entre la fermeture en juillet 2008 de la rue des Verriers, lieu culturel indépendant et novateur qui accueillait une dizaine d'associations, et les demandes nombreuses d'acteurs régionaux à la recherche d'espaces pour créer et diffuser, la nécessité d'un nouveau lieu à Mulhouse apparaît d'actualité.

C'est pourquoi nous lançons une réflexion collective, à base de rencontres multiples, en direction de plusieurs secteurs d'activité. Les domaines suivants pourraient s'intéresser à ce nouveau projet. Dans le désordre : social, patrimoine industriel, jeune public, éducation nationale, arts plastiques, musiques actuelles, économie solidaire, éducation populaire, micro-entreprises, café citoyen ...


Luc Jambois, directeur de l'OGACA Strasbourg, nous accompagne pour mener cette réflexion à son terme. La première rencontre ouverte à tous aura lieu le samedi 20 décembre 2008 de 11h à 13h à l'occasion de l'inauguration du nouveau studio radio WNE à Mulhouse. Mais la route est longue jusqu'à la constitution d'un projet abouti. Nous nous donnons 6 mois, jusqu'en juin 2009, pour créer un collectif autour du Réfectoire, magnifique bâtiment des anciennes usines DMC parfaitement adapté pour devenir un lieu de vie à nul autre pareil, et imaginer un projet novateur et rassembleur.

Ce petit blog est un espace de dialogue largement ouvert à tous ceux qui ont envie de participer à cette utopie qui peut se transformer en réalité dans pas si longtemps ...

vendredi 23 novembre 2007

DMC, un site riche de promesses

Article paru dans le Journal L'Alsace le 23 novembre 2007

L’association « Mulhouse, j’y crois » a réfléchi sur la reconversion de ce site particulièrement important pour l’avenir de la ville.

On se souvient du principe — qui rappelle un peu ce qui s’est passé à la Fonderie : DMC a recentré son activité de production sur une petite partie de son site historique, cédant le reste et rendant ainsi possible la reconversion d’une surface suffisamment vaste pour accueillir un quartier neuf tout entier. Une opération à long terme, à l’échelle de 15 ou 20 ans, qui se réalisera vraisemblablement en plusieurs étapes. On en est donc pour l’instant au stade des réflexions et des propositions. L’association Mulhouse j’y crois — qui s’est donné pour but de « faire émerger des idées pour l’avenir de Mulhouse » apporte sa contribution à cette réflexion sous la forme d’un document et d’un CD, s’appuyant sur des travaux de Pierre Fluck, professeur à l’UHA et de Marie-Claire Vitoux, présidente du Conseil consultatif du patrimoine mulhousien.

Ambition partagée

« DMC est un site dont l’importance de la reconversion dépasse l’aménagement d’une simple Zac aux fonctions mixtes combinant habitat et activités. Il faut concevoir sa métamorphose en y impulsant des projets à la hauteur d’une ambition partagée à l’échelle de l’agglomération mulhousienne… », résument les deux présidents de l’association Frédéric Marquet et Christophe Muller. Pour eux l’avenir du site pourrait s’articuler autour de quatre volets principaux. « Il y a d’abord la préservation d’un patrimoine industriel exceptionnel, d’une richesse irremplaçable… » Il convient donc de dresser un inventaire des bâtiments à préserver en leur trouvant une affectation « qui ait du sens ».

Jamais trop tôt

Deuxième axe de réflexion, le site est très boisé. « Il y a une coulée verte à préserver autour de l’ancien réfectoire de DMC… » Plus généralement, il est souhaitable que la reconversion se fasse selon les principes du développement durable : économies d’énergie, parking en silo l’image du secteur Vauban à Fribourg. « Le futur quartier devra être écologique… » Troisième volet, la recherche de « l’excellence économique » en « favorisant les activités créatives à forte valeur ajoutée », avec la création d’une zone trinationale. Excellence dans d’autres domaines aussi : l’association propose par exemple la création d’une Maison des artistes, d’un Palais des congrès d’entreprises, d’un ensemble de restaurants dans l’ancien réfectoire, d’une halle de magasins d’usines. Autre proposition : un lieu destiné au Musée des sapeurs-pompiers. Dernier volet, l’utilisation optimale des « dimensions multiples » du site — proche à la fois de l’autoroute et de la gare de Dornach que desservira le tram-train. Au-delà, la gare TGV. Au-delà encore, l’EuroAirport. Un peu tôt pour songer à tout cela ? « Il n’est jamais trop tôt… », répondent Frédéric Marquet et Christophe Muller. « Nous pensons vraiment que DMC nécessite une grande ambition et qu’il serait dommage de céder à des solutions de facilité… »

StS

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L’ancien réfectoire pourrait accueillir, tout naturellement, un ensemble de restaurants divers. Photo Christine Hart

samedi 16 juin 2007

L’avenir du site DMC se précise

Article paru dans le journal L'Alsace le 16 juin 2007

L’avenir des 17 ha du site DMC se précise. L’industriel textile en profite pour rationaliser ses activités alors que le projet intéresse une entreprise nationale.

DMC, une vraie ville dans la ville, avec ses immenses bâtiments en brique, un parc magnifique et une volonté d’y créer un quartier à l’image des ambitions de Mulhouse, mêlant habitat et activités économiques. Hier après-midi, Jo Spiegel et Jean-Marie Bockel, entourés d’élus et des hauts cadres de la Camsa et de la Ville, ont visité le site sous la houlette de Philippe Legrand, directeur du site de DMC. Le maire de Mulhouse a souligné les liens étroits entre urbanisme et développement économique, dans « le respect de ce site patrimonial unique ». Pour le président de la Camsa, « c’est un projet d’agglomération au cœur de la ville ».

2000 m² intéressent une entreprise

Le futur de ce site repose sur cinq piliers : une vraie volonté politique, la sauvegarde de plus de 300 emplois, le renouvellement économique, la préservation du patrimoine et un projet de ville. La Camsa et la Serm ont depuis le début de cette année 10 ha à gérer. Une entreprise nationale a d’ores et déjà témoigné de son intérêt pour s’installer dans un bâtiment où elle pourrait occuper 2000 m². Une autre préoccupation est à l’ordre du jour pour Robert Pellissier, directeur de la Serm. La préservation du site en attendant la reconversion. Pierre Laplane, directeur général des services, se fait volontiers lyrique : « Il y a une nouvelle histoire à écrire ». Et de lancer un avertissement : « On n’a pas le droit d’être banal ou médiocre. Il faut trouver pour DMC un projet ambitieux à la hauteur de la mémoire de ce site ». C’est notamment le cas du magnifique bâtiment qui abritait le réfectoire auquel tout le monde s’accorde à dire qu’il faudra trouver une destination digne de ce lieu exceptionnel. La direction de DMC approuve cette philosophie, tout en travaillant à regrouper les activités de production mulhousiennes. La cohérence, mais aussi les économies générées par ce regroupement, sont intéressantes. Le dépôt logistique prendra le chemin d’Illzach d’ici quelques mois. « La concentration des moyens est aussi importante pour notre compétitivité et pour retrouver un esprit de corps un peu étiolé par la dispersion dans les bâtiments » sur le site mulhousien, précise le directeur.

10 000 points de vente aux USA

La direction de DMC a d’ailleurs profité de ce tour des propriétaires pour rappeler son rôle leader dans le fil à broder. 1, 2 million d’échevettes sortent tous les jours des ateliers mulhousiens. Tout cela décliné dans une gamme de 465 coloris différents. Avec humour, le directeur remarque que le « vrai concurrent de DMC, c’est le taux de pratique des utilisatrices ».40 000 points de vente dans le monde permettent d’écouler la production. Un sur quatre est situé aux USA et la Chine s’éveille aussi au fil à broder "made in Mulhouse". Quant à un développement lié à la mode, il ne faut pas trop rêver. La tendance en ce domaine est plutôt longue et DMC a regardé ce que l’on appelle le retour au tricot. Jugement : « Cela n’est pas assez significatif ». En attendant, DMC, la Ville et la communauté d’agglomération tricotent de conserve l’avenir d’un quartier en espérant que ce patchwork entre économie et habitat sera réussi.

R.C.

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Le réfectoire, l’un des plus beaux bâtiments industriels mulhousiens. Photo Darek Szuster

samedi 10 février 2007

DMC, un endroit fabuleux

Article paru dans le Journal L'Alsace le 10 février 2007

Les bâtiments, les graffs qui ont fleuri dans les friches, l’étang… Jean-François Mattauer est un connaisseur passionné du site DMC. Il l’a peint. Christine Hart l’a photographié au printemps dernier. Petite visite en leur compagnie.

« Je trouve cet endroit fabuleux », dit Jean-François Mattauer, alias Giefem, en parcourant les bâtiments en friche abandonnés par DMC en face de l’usine actuelle, à deux pas de la maison où il habite depuis vingt-cinq ans. On ne saurait imaginer meilleur guide que lui : ces lieux, l’artiste — dessinateur de presse de L’Alsace, peintre et musicien —les connaît comme sa poche. Depuis plus d’un an, il vient très souvent y poser son chevalet, de jour comme de nuit, pour saisir sur ses toiles de multiples facettes de ce morceau de patrimoine mulhousien auquel il est si attaché. Les bâtiments en brique rouge portent parfois leur date de naissance : « 1879 », « DMC 1901 »… Au-delà des murs, certains ont conservé quelques traces de leur passé industriel : les restes d’un pont roulant ; des quais de chargement sous leur toit en dents de scie… Le site, resté accessible, a souffert : toitures éventrées, locaux en partie incendiés, déchets accumulés… La nature y a parfois repris ses droits : en de nombreux endroits, herbes et même arbustes sont parvenus à percer le béton. « Ici, en été, c’est une petite forêt », illustre Giefem, dans un coin du plus grand bâtiment, « qui donne l’impression d’une cathédrale industrielle », dit-il.

« Une vraie galerie d’art »

Cette « cathédrale » a dû servir de refuge à des squatters, qui y ont laissé chaises ou couverture. Mais, comme les façades d’autres bâtiments du site, ses murs intérieurs ont surtout servi de support à de talentueux graffeurs. « Ces graffs sont très beaux. Je mets ce graphisme à hauteur d’artistes. Et c’est un travail gratuit, personne ne vient le voir », commente notre guide, en se remémorant sa découverte des lieux : « Ça a été une baffe. J’étais émerveillé. Comme un mec devant la première exposition Picasso. C’est une vraie galerie d’art ». Et Jean-François de rêver de voir cet espace reconverti en véritable lieu d’exposition. « J’y verrais bien par exemple des grands D’Onofrio… ». Et pourquoi pas y organiser des défilés de mode, imagine-t-il encore ! Mais ces friches sont quasi-condamnées (lire ci-contre). De l’autre côté de « l’avenue des platanes », sur le site conservé par DMC, le réfectoire et l’ancien bâtiment de la direction de l’usine ont eux aussi perdu leurs vocations respectives. Là encore, Giefem souligne le charme et la valeur patrimoniale de ces édifices qu’il a peints, tout comme l’étang voisin : « En été, il y a de superbes nénuphars. C’est mon jardin de Giverny », sourit l’artiste.

François Fuchs

Jusqu’à 100 logements

L’ancien bâtiment de DMC à l’intérieur duquel les graffeurs s’en sont donné à cœur joie et les bâtiments voisins en friche, murés ou fermés, pour certains incendiés, s’étendent sur une grande parcelle à l’angle de la rue de Pfastatt et de l’« avenue des platanes », le passage arboré qui part de la rue de Pfastatt pour aller jusqu’à la rue de Thann. Ces bâtiments déjà bien dégradés ne devraient pas subsister : un permis de démolir a été délivré en février 2006 à la société civile immobilière à qui appartient aujourd’hui ce terrain. Selon la mairie, cette SCI est en quête depuis près de deux ans de maîtres d’ouvrage intéressés par le site, mais aucun projet précis n’a été présenté pour l’heure. Le règlement d’urbanisme de Mulhouse permet, sur cette parcelle, la réalisation de 100 logements, indique-t-on. Rappelons que pour le vaste site qu’a conservé DMC, de l’autre côté de l’« avenue des platanes », un accord vient d’être conclu entre l’entreprise et les collectivités. Cet accord, présenté lundi par le sénateur-maire, prévoit notamment le recentrage de DMC sur sept hectares et le rachat par la Serm (la Société d’équipement de la région mulhousienne) des dix hectares que n’utilisera plus l’entreprise (notre édition de mardi).

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L’ancien bâtiment de DMC investi par des graffeurs : une sorte de « cathédrale industrielle » reconvertie en « galerie d’art », dit Giefem, qui adore ce lieu. Photos Christine Hart

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Selon toute vraisemblance, ces bâtiments industriels au passé glorieux seront rasés pour céder la place à d’autres constructions. Le terrain permet de bâtir une centaine de logements.

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La superbe façade de l’ancien réfectoire de DMC. Ce bâtiment, qui date de 1886, fait partie du périmètre que la Serm est chargée d’aménager. Quelle reconversion trouvera-t-il ?

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À même les murs en briques, de l’art urbain.

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Autre œuvre laissée par les graffeurs.

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L’endroit a dû servir de campement.

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Un morceau de friche sous le pinceau de Giefem.

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Jean-François Mattauer lors d’une de ses innombrables visites sur la friche qui faisait jadis partie du site DMC. Quand il ne fait pas le pitre, l’artiste y pose souvent son chevalet.

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