Article paru dans le journal L'Alsace le 16 juin 2007

L’avenir des 17 ha du site DMC se précise. L’industriel textile en profite pour rationaliser ses activités alors que le projet intéresse une entreprise nationale.

DMC, une vraie ville dans la ville, avec ses immenses bâtiments en brique, un parc magnifique et une volonté d’y créer un quartier à l’image des ambitions de Mulhouse, mêlant habitat et activités économiques. Hier après-midi, Jo Spiegel et Jean-Marie Bockel, entourés d’élus et des hauts cadres de la Camsa et de la Ville, ont visité le site sous la houlette de Philippe Legrand, directeur du site de DMC. Le maire de Mulhouse a souligné les liens étroits entre urbanisme et développement économique, dans « le respect de ce site patrimonial unique ». Pour le président de la Camsa, « c’est un projet d’agglomération au cœur de la ville ».

2000 m² intéressent une entreprise

Le futur de ce site repose sur cinq piliers : une vraie volonté politique, la sauvegarde de plus de 300 emplois, le renouvellement économique, la préservation du patrimoine et un projet de ville. La Camsa et la Serm ont depuis le début de cette année 10 ha à gérer. Une entreprise nationale a d’ores et déjà témoigné de son intérêt pour s’installer dans un bâtiment où elle pourrait occuper 2000 m². Une autre préoccupation est à l’ordre du jour pour Robert Pellissier, directeur de la Serm. La préservation du site en attendant la reconversion. Pierre Laplane, directeur général des services, se fait volontiers lyrique : « Il y a une nouvelle histoire à écrire ». Et de lancer un avertissement : « On n’a pas le droit d’être banal ou médiocre. Il faut trouver pour DMC un projet ambitieux à la hauteur de la mémoire de ce site ». C’est notamment le cas du magnifique bâtiment qui abritait le réfectoire auquel tout le monde s’accorde à dire qu’il faudra trouver une destination digne de ce lieu exceptionnel. La direction de DMC approuve cette philosophie, tout en travaillant à regrouper les activités de production mulhousiennes. La cohérence, mais aussi les économies générées par ce regroupement, sont intéressantes. Le dépôt logistique prendra le chemin d’Illzach d’ici quelques mois. « La concentration des moyens est aussi importante pour notre compétitivité et pour retrouver un esprit de corps un peu étiolé par la dispersion dans les bâtiments » sur le site mulhousien, précise le directeur.

10 000 points de vente aux USA

La direction de DMC a d’ailleurs profité de ce tour des propriétaires pour rappeler son rôle leader dans le fil à broder. 1, 2 million d’échevettes sortent tous les jours des ateliers mulhousiens. Tout cela décliné dans une gamme de 465 coloris différents. Avec humour, le directeur remarque que le « vrai concurrent de DMC, c’est le taux de pratique des utilisatrices ».40 000 points de vente dans le monde permettent d’écouler la production. Un sur quatre est situé aux USA et la Chine s’éveille aussi au fil à broder "made in Mulhouse". Quant à un développement lié à la mode, il ne faut pas trop rêver. La tendance en ce domaine est plutôt longue et DMC a regardé ce que l’on appelle le retour au tricot. Jugement : « Cela n’est pas assez significatif ». En attendant, DMC, la Ville et la communauté d’agglomération tricotent de conserve l’avenir d’un quartier en espérant que ce patchwork entre économie et habitat sera réussi.

R.C.

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Le réfectoire, l’un des plus beaux bâtiments industriels mulhousiens. Photo Darek Szuster